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Monolithe

Monolithe

Bonjour voyageurs.

La majeure partie des articles sera consacrée à l’analyse et aux questions se rapportant au film de Stanley Kubrick “2001 l’odyssée de l’espace”. En plus de la publication de mes thèses et remarques sur le film (et plus encore…), je souhaite faire de cet astéroïde du “webspace”, un lieu de discussion et d’échange, ainsi qu’une base de données de liens qui touchent au même sujet.

(note : ce billet est en cours d’écriture et est soumis – pour le moment – à un changement quasi permanent).

Ce blog n’en est qu’à ses prémisses, j’espère au final qu’il contribuera à éviter que des personnes intéressées ou fascinées par 2001 ne passent des jours et des nuits sur internet, comme je le fais, à chercher des informations et traduire des pages. Je ne suis pas très fort en grammaire anglaise (comme la plupart des français oserai-je dire) et donc tout cela me demande beaucoup de temps, d’efforts et d’attention et j’espère donc que des homologues chercheurs seront ravis de visiter ces pages et m’aideront aussi à combler mes lacunes ou à répondre à mes questions.

Hyperthalamus

J’ai commencé à faire des recherches sur la toile à propos du film 2001 et je n’ai pas vraiment (encore?) trouvé beaucoup de choses vraiment “intéressantes” en français. On est jamais à l’abris des bonnes découvertes (!). Je me suis donc dit qu’il serait souhaitable de rassembler de nombreux liens concernant 2001 ainsi que de publier mes analyses du film. Mon travail est en cours et suit son cours… Je ne me presse donc pas trop pour la publication.

J’ai vu ce film je ne sais combien de fois. Kubrick par cette réalisationinventé le cinéma, il est en cela comparable à Meyerhold (metteur en scène russe de théâtre et d’opéra, 1874-1940) qui, pour ma part, à inventé la totalité du théâtre moderne tel que nous le connaissons depuis lui; tous les changements ou transformations que le théâtre a connu depuis le génie de Meyerhold ne sont qu’une exploration plus poussée de ses idées et découvertes. En France, il me semble que Meyerhold fait partie des grands oubliés de l’Histoire, ce qui n’est pas forcément le cas en Angleterre ou aux Etats-Unis…

Dmitri Shostakovich, Vsevolod Meyerhold, Vladimir Maïakovski & Alexandre Rodchenko

2001 n’est pas à proprement parler un film parmi d’autres, c’est une oeuvre philosophique qui invente le cinéma à l’image de  Meyerhold qui invente le théâtre du XXè siècle.  C’est donc également d’une relation nouvelle à cet art du cinéma dont il s’agit. C’est en gardant à l’esprit cette différence essentielle et fondamentale qu’il convient d’aborder le film.

En 1968, lorsqu’on demande à Stanley Kubrick de commenter la signification métaphysique de 2001: l’Odyssée de l’espace, il répond: “Ce n’est pas un message que j’ai voulu transmettre par les mots. 2001 est une expérience non-verbale… J’ai essayé de créer une expérience visuelle, qui court-circuite les classifications verbalisées et pénètre directement le subconscient avec un contenu émotionnel et philosophique.” (source : Taschen Editions)

Kubrick insiste bien : pas “par les mots” et “expérience non-verbale”, ces deux expressions ne sont pas une répétition ou une redondance, elles expriment ensemble que ce film-expérience n’a non seulement pas sa place dans le cadre de la signification par le langage (l’emploi des mots), mais aussi n’est pas structuré comme un langage (“expérience non-verbale”), c’est-à-dire, pour rester bref,  qu’on est transporté hors de toute narration au sens classique du terme, au sens où le moteur de la narration est un signifiant et un signifié (!). Quelque part tout est dit dans cette phrase de Kubrick : si vous tenez à saisir un sens, celui-ci, bien que formulable après coup par le langage, ne provient pas de quelque chose, en l’occurrence ici l’objet-film 2001:l’odyssée de l’espace, qui est structuré comme un langage. C’est donc “être à côté de la plaque” que de dire “je n’ai rien compris à l’histoire” : il n’y a pas à proprement parler d’”histoire” au sens d’une trame qui serait relatée par des mots et utiliserait le verbe pour se structurer. A la rigueur, s’il ne reste qu’un seul verbe, nu et absolu, c’est le verbe être. C’est par la perception visuelle et auditive que 2001 nous emmène en voyage, je suis même tenté de dire que l’on est situé dans un avant de la perception (au sens de Merleau-Ponty) qui n’a rien à voir avec le langage (ce que je m’attacherai à développer dans mon analyse détaillée de l’oeuvre).

Kubrick sur le tournage de 2001 avec Gary Lockwood (Astronaute / Frank Poole)

Pour les personnes qui n’ont jamais vu ce chef-d’oeuvre, je leur propose évidemment de courir le voir (sur le plus grand écran possible), mais également de le visionner plusieurs fois avant de laisser leur esprit aller vers une conclusion.

Comme toute oeuvre qui constitue une réelle invention, 2001 a été très mal accueilli par la critique lors de sa sortie en 1968, il n’a de ce fait pas été compris car personne ne se doutait à l’avance d’être mis en face d’un tel ouvrage.

Affiche originale française

Vous trouverez dans ces pages beaucoup de choses, directement ou indirectement liées à 2001. Des différentes formes d’analyse du film à la recherche d’une forme d’intelligence  extraterrestre, de la recherche astrophysique aux superordinateurs contemporains, de ce que nous connaissions de l’Univers en 1964 (année où Kubrick propose à Arthur C. Clarke de “faire un bon film de science-fiction”) aux actuelles connaissances et questions qui demeurent sans réponse, de la comparaison des “écritures” (l’évolution et l’apport du geste de Kubrick depuis “La Sentinelle” – la nouvelle d’Arthur C. Clarke à partir de laquelle Kubrick envisage de faire un film – à la co-écriture du screenplay, enfin au roman final “2001, l’odyssée de l’espace” d’Arthur C. Clarke, publié postérieurement à la sortie du film en salle la même année, en 1968) à la nombreuse équipe de recherche qui réunie savants, biologistes, physiciens pour les besoins de l’élaboration du film (l’exigence de Kubrick fut de nous envoyer 35 ans dans le futur dans un souci de réalisme très méticuleux).

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